Qui a inventé les droits de l'homme ?

Les droits de l’homme sont des droits universels et inaliénables reconnus à chaque être humain du seul fait de son existence, et ce peu importe la nationalité, le sexe, la religion, la race, la langue ou n’importe quelle autre considération. Au niveau international, ces droits sont posés par la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée en 1948 par l’Assemblée générale des Nations Unies. En France, c’est la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui assure le respect de ces droits de l’homme.

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Aux origines des droits de l’homme

Bien que les origines de ces droits soient difficilement identifiables, la majorité des personnes s’accorde pour dire que les États-Unis ont grandement participé au développement de cette notion par le biais de leur déclaration de 1776. En effet, il suffit de se pencher attentivement sur la Déclaration d’indépendance américaine adoptée en 1776 pour comprendre que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen française s’en inspire fortement. Toutefois, c’est cette dernière qui confère pour la première fois une valeur juridique à cette notion de droits de l’homme, et qui va leur donner une vraie impulsion. Ainsi, la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression se retrouvent érigés en « droits naturels et imprescriptibles » de l’homme.

En 1948 comme précisé plus haut, les droits de l’homme ont pris une dimension internationale, avant que cette déclaration de 1948 ne soit suivie par d’autres avec l’exemple de la Convention européenne des droits de l’homme de 1950.

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (DDHC)

Empruntant fortement à la Déclaration d’indépendance américaine mais également à l’esprit des Lumières, la DDHC est le fruit d’une réflexion menée par divers grands noms du 18e siècle, parmi lesquels Mirabeau et Jean-Joseph Mounier sont connus pour avoir rédigé le préambule. Pour les articles composants cette déclaration, d’autres noms sont cités ; Sieyès, Champion de Cicé, Clermont-Tonnerre, Talleyrand ou encore La Fayette. Ce sont les cinq députés Mirabeau, Redon, Tronchet, Démeunier et La Luzerne qui avaient la charge de l’examen des projets de déclaration, pour présenter à l’Assemblée constituante un projet de déclaration reprenant les différentes propositions qui leur étaient alors soumises. C’est ainsi que le préambule et les 17 articles ont pu voir le jour.

Pour comprendre l’objectif poursuivi par la DDHC, il suffit de s’intéresser à l’époque à laquelle celle-ci a été rédigée. Adoptée le 26 août 1789 au lendemain de la Révolution française par l’Assemblée constituante, elle est prise dans la continuité de la Révolution afin d’assurer le respect de certains droits dont doivent bénéficier chaque être humain à partir de sa naissance, et surtout d’en finir avec les nombreux abus survenus dans le passé.

Posant la liberté, la sûreté, la résistance à l’oppression, et la propriété comme des droits « naturels et imprescriptibles », et mettant en avant l’égalité devant la loi et la justice, ainsi que la séparation des pouvoirs, la déclaration est rapidement reprise dans le préambule de la Constitution de 1791. Malgré l’ancienneté de ce texte, la déclaration a été reprise dans le préambule de la Constitution de la Ve République de 1958, avant que le Conseil constitutionnel ne reconnaissance sa valeur constitutionnelle en 1971. Pourtant, bien que la DDHC soit un texte aujourd’hui profondément ancré dans notre République, les droits de l’homme ont régulièrement été mis à mal lors de certaines périodes de l’histoire, et il faudra attendre les constitutions françaises de 1852, 1946 et bien sûr celle de 1958, pour que la déclaration de 1789 n’y soit reprise. Finalement, le premier article de la déclaration a été repris par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 en son article premier « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ».

Les différentes catégories de droits de l’homme

Les droits de l’homme sont traditionnellement séparés en trois catégories, et sont apparus au fil des siècles. La première est la seule reconnue par la DDHC, et il s’agit des droits civils et politiques tels le droit de vote, la liberté d’expression, d’opinion, ou encore d’association. La seconde catégorie fait appel à l’État pour pouvoir être mise en œuvre et fait référence aux droits économiques, sociaux et culturels, qui doivent permettre d’assurer la dignité des individus. Enfin, la troisième génération de droits de l’homme concerne les droits collectifs ou à la solidarité.